Der Sturm


C´est sans doute ma formation qui a provoqué en moi un tel intérêt pour la photographie architecturale. La manière dont une ville a été construite, son style et ses caractéristiques sont totalement liés à son Histoire. Si nous l´observons avec attention, l´architecture d´une ville nous apprend énormément sur la culture et le mode de vie de ses habitants.

En 2008, j´ai pris les premières photos de l´architecture de New-York qui font partie de ce projet que je n´ai terminé qu´en 2013 et j´ai alors décidé que ces photos seraient toutes en noir et blanc. Postérieurement, j´ai remarqué que le contraste des ombres avec le traitement du noir et blanc rappelait un peu la dramatisation du Cinéma Noir, un style de film qui m´a toujours impressionnée, à la fois à cause de la lumière contrastée, utilisée lors de ces tournages, et par la théâtralité des thèmes.

J´ai immédiatement commencé à poursuivre des recherches, non seulement sur ce genre de films, mais aussi sur l´expressionnisme allemand – un mouvement qui fut le précurseur du Cinéma Noir – ainsi que sur ses influences sur la peinture et la gravure sur bois.

Je suis retournée plusieurs fois à New-York. À cette époque, mon projet était déjà plus axé sur ce thème. La captation de chaque détail architectural avait été pensée en fonction du thème le Cinéma Noir. Mon intention était alors de reproduire exactement ce qui avait été démontré au cinéma, en ne montrant que l´essentiel pour la construction de mon nouveau projet. Comme l´a écrit James Monaco dans American Film Now, “le film noir n´est pas un genre en soi, mais un style visuel » et c´est précisément cette caractéristique qui a servi de base à mon projet.

Le Cinéma Noir » est marqué par une esthétique des artifices, á commencer par sa photographie en noir et blanc qui fuit le naturalisme de la réalité qui est polychrome ; les décors baroques (essentiellement chez Orson Welles) ou théâtraux, l´illumination très crue et contrastée, sans demi-tons ; les plans qui oscillent entre le close-up et la profondeur de champ, sans juste-milieu. Bref, c´est un cinéma dans lequel tout nous donne l´impression de nous trouver dans un univers artificiel, aux images dissimulées et créées de toutes pièces. C´est pourquoi les films Noirs portent en eux les marques de la représentation et la photographie sera la référence basique de ce cinéma tellement tourné vers une esthétique de la simulation, de la fragmentation et de la répétition.

Les procédés expressionnistes tels que les ombres, les regards, les gestes renforcent la prédominance d´une esthétique de closes et de fragments d´objets. Le Cinéma Noir se révèle comme un cinéma « qui regarde par le trou de la serrure » et c´est par ce biais que l´on découvre ce qui est oculté. Ce règne du trucage se trouve toujours enveloppé d´un voile de fumée, de brume ou de pluie, où la transparence est peu perçue et où les actions se déroulent essentiellement la nuit.

De la même manière, le cinéma noir utilise l´illumination artificielle avec une grande efficacité ; clair obscure, noir et blanc, visant à obtenir de hauts contrastes, éliminant ainsi les desmi-tons. Pour composer un jeu d´ombre et de lumière, dans une atmosphère oscillant entre le visible et l´invisible, reflétant une réalité ambiguë, le cinéma noir utilise le miroir comme élément métaphorisant de la narrative”
La totalité de ce projet a été photographiée dans trois villes : New-York, Berlin et Paris, avec l´intention de lui incorporer une ville brésilienne.

La ville de New-York qui a été le point de départ a été intitulée “Metropolis”, titre éponyme de celui du film de l´autrichien Fritz Lang (1927), qui prévoyait une réalité urbaine chaotique pour l´an 2026. Une ville stratifiée dans laquelle on peut distinguer les différents niveaux sociaux, chacun d´entre eux étant représenté par une architecture spécifique. L´immeuble qui apparaît sur l´affiche du film a été inspiré  par le New-York des années 20 et reflète les grattes ciel Art Déco de la ville.

C´est à Berlin que le mouvement expressionniste qui a tellement influencé l´esthétique du Cinéma Noir a vu le jour.

C´est pourquoi, j´ai décidé d´étendre ce projet à la capitale allemande. Le nom de la série “Der Sturm”, (La Tempête en français) vient du magazine étroitement lié à l´Expressionnisme, créé en 1910 par Herwarth Walden et publié à Berlin, qui était alors considéré comme le plus influent de ce mouvement artistique.

Le Cinéma Noir a aussi été fortement influencé par le réalisme poétique français (qui a surgi dans le cinéma français vers le milieu des années 30), avec ses thèmes de fatalisme, qui montraient des injustices et des héros ruinés, ainsi que par le néo-réalisme italien qui mettait l´accent sur l´authenticité. Le terme film noir a été inventé par les critiques français, toujours astucieux et adeptes de la culture américaine. Durant l´occupation naziste, la France avait été privée de films américains pendant 5 ans et, lorsque finalement ils commencèrent à les revoir, à la fin de l´année 1945, ils notèrent que non seulement l´atmosphère, mais les thèmes aussi étaient devenus plus sombres et, en 1946, les critiques Nino Frank et Jean-Pierre Chartier écrivirent sur ce genre de films.
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En 1955, bien avant que le Film Noir ne soit mentionné dans un quelconque livre de langue anglaise, Raymond Borde et Etienne Chaumeton abordèrent, eux aussi ce thème. Cependant, il fallut attendre qu´une nouvelle génération de cinéphiles enthousiastes commencent à fréquenter les écoles de cinéma, à la fin des années 60, pour que les américains commencent à prendre conscience de l´existence du Cinéma Noir et à s´y intéresser.

C´est avec ce justificatif et en me basant sur le nom donné à ce style de cinéma extrêmement marquant que j´ai réalisé une série de photos à Paris appelée ‘Cinéma Noir ».

Lucia Adverse

*Stam, Robert – O Espetáculo Interrompido: literatura e cinema de desmistificação. Rio de Janeiro: Paz e Terra, 1981, p.19
**Cinema noir: espelho e fotografia./Márcia Ortegosa – São Paulo: Annablume, 2010
ARTE MODERNA / Giulio Carlo Argan – São Paulo: Companhia das Letras, 1992, capítulo três: O SÉCULO XIX NA ITÁLIA, ALEMANHA E INGLATERRA
GERMAN EXPRESSIONISM THE GRAPHIC IMPULSE / organized by Starr Figura, The Phyllis Ann and WalterBorten Associete Curator – New York: MOMA, 2011
FILM NOIR /Alain Silver & James Ursini/Paul Duncan (Ed.) – Lisboa: TASCHEN, 2004
FILM NOIR THE ENCYCLOPEDIA
Alain Silver • Elizabeth Ward • James Ursini • Robert Porfirio
New York • London
OVERLOOK DUCKWORTH, 2010
Brassaï Paris / Jean-Claude Gautrand • 1899 – 1984• TASCHEN 25th anniversary
GODS’ MAN : A Novel in Woodcuts / Lynd Ward – New York: Dover Publications, Inc. 1929
THE CITY : A Vision in Woodcuts / Frans Masereel, republication in 2006,
New York: Dover Publications, Inc. / originally published: Munich, in 1925.
PASSIONATE JOURNEY : A Vision in Woodcuts / Frans Masereel – republication in 2007,
New York: Dover Publications, Inc. / originally published: Geneva, in 1919.

En 2008, au cours de l´un de ses voyages à New-York consacré à ses recherches sur la photographie, l´artiste brésilienne Lucia Adverse (1967), a découvert de manière explicite son intérêt pour les contrastes entre ombre et lumière dans ses photos architecturales en noir et blanc et a immédiatement décidé d´approfondir ses études sur la dramaticité et la théâtralité de ce dialogue visuel.

Elle a alors commencé une étude complète sur le thème de la luminosité dans la photographie, identifiant l´Expressionnisme Allemand comme l´un de ses principaux précurseurs, très vite suivi par le Cinéma Noir.

Elle a donc décidé de donner suite à ce projet pour la beauté intrinsèque du thème  et a trouvé en Allemagne plusieurs réponses à ses investigations et découvert qu´il existait encore dans le pays quelques immeubles et monuments étroitement liés à ses recherches. Ces monuments, très bien conservés, représentent la continuité du dialogue entre ombre et lumière, dans un processus journalier et incessant de nouvelles découvertes.

L ´Exposition de photographies de Lucia Adverse : Der Sturm / La Tempête qui a eu lieu en 2014, au Musée Inimá de Paula, propose un regard contemporain de l´artiste et ses réflexions sur l´Histoire, traduites par une série de détails architecturaux et visuels.
Lucia Adverse nous montre à travers une série de photographies récentes, comment était l´Allemagne dans les années 1910, et 1920, époque où le pays était considéré comme la nation la plus industrialisée d´Europe, et s´était alors transformé en un Centre Culturel Mondial, producteur de diverses manifestations artistiques et culturelles.

Lorsqu´elle orienta ses recherches sur les archives de telles manifestations artistiques et culturelles de l´époque, Lucia consulta le journal Der Sturm, conçu à Berlin, en 1910, par l´artiste expressionniste Herwarth Walden et qui couvrait alors non seulement l´avant garde artistique allemande, mais confirmait au Monde entier la vocation expressionniste de l´Allemagne, ses caractéristiques et ses influences sur l´architecture, les arts plastiques, la musique, le théâtre, la danse, le cinéma et les dans les diverses manifestations culturelles ayant lieu à l´époque, en Europe.

L´Arhitecture allemande marqua non seulement l´Allemagne, mais le monde entier, grâce à la fondation du Bauhaus, une écoles créée en 1919, à Weimar, par l´architecte Walter Gropius et est considéré comme la scéne officièle des grands bouleversements qui eurent lieu au niveau des Arts et de l´Architecture mondiale que l´on doit à de grands noms qui ont éte des preofesseurs de cette école ou qui l´on fréquentée comme : Mies van der Rohe, Marcel Breuer, Paul Klee, Piet Mondrian, parmi tant d´autres.

Ce fut cependant dans les années 10 et 20, á une époque où l´expression artistique semblait figée que l´architecture allemande s´est distinguée de forme décisive en développant des caractéristiques qui ont influencé l´architecture mondiale jusqu´à nos jours, laissant ainsi une marque indélébile dans l´Histoire.

C´est Berlin qui a été l´un des principaux centres de recherches de Lucia Adverse, qui fascinée par la photographie architecturale nous donne sa propre vision de la capitale, devenant ainsi l´un des témoins des transformations Historiques qui se produisirent à travers les Arts.
Les 23 images présentées ici, nous permettent de découvrir à travers la vision contemporaine que nous fournissent les photographies de l´artiste la saga d´une ville qui a subi en permanence des tempêtes culturelles et politiques, mais qui a réussi à conserver quelques trésors de son patrimoine architectural et qui nous permet de pouvoir encore admirer de nos jours le dialogue poétique qui s´établit indéfiniment entre ombre et lumière.

Les 23 images présentées ici nous permettent de découvrir, à travers la vision contemporaine de Lucia Adverse, la saga d´une ville qui a subi en permanence des tempêtes culturelles et politiques, mais qui a réussi á conserver quelques trésors de son patrimoine architecturale qui nous propose encore de nos jours, un dialogue visuel entre ombre et lumière dans un jeu infini d´images poétiques.

Ricardo Chaves Fernandes
Member of the International Association of Art Critics (A.I.C.A.), France
Member of the Association of Art Historians of London (A.A.H.), United Kingdom
Member of the Association des Amis du Palais de Tokyo, France

 

The Rediscovery of the Aura in Photos of Berlin. Photography by Lucia Adverse.

An enormous light grey edifice with hundreds of darkened windows, its emphatic weight diminishing amid a sombre sky, dismisses the background in continuous gradations, like a powerful ship parting the waves, its curved bow and its other extremity proudly surging forward at an oblique angle.  The building has about fifteen floors and hundreds of rectangular apertures, dark cavities all arrayed in straight lines. Here and there lighter defacements appear as if reflecting another building whose apertures let through the rays of the sun.

This is the flagship photo that Lucia Adverse chose for the Der Sturm exhibition in which she presents her vision of the city of Berlin in twenty-three architectonic photographs in an ambitious undertaking that will challenge any art historian!

Der Sturm (The Storm) is nothing more than an explicit reference to the great cultural magazine of Berlin, which from 1910 to 1932 was the true vanguard springboard and artistic point of reference throughout Europe.

For more than twenty years, in its critical articles or exhibitions in the gallery of the same name in Berlin, Der Sturm presented all that was new or provocative in visual arts, architecture, literature, theatre, music and cinema. So from 1911 it was the Der Sturm magazine that launched the very term ‘Expressionism’ to describe the aesthetic developed by the two most revolutionary artistic movements in Germany at that time: ‘Die Brücke’ (The Bridge) and ‘Blaue Reiter’ (Blue Rider).

In a reaction against Impressionism and Symbolism, artists insisted on a new form of expression, often aggressive or violent, in which the representation of reality would really be favoured, banishing realism in order to express subjectivity, the state of the soul, and above all a revolt against social problems, in this way having no hesitation in restoring the myth of the savage in order to unleash more primitive impulses.

Borrowing expressly from a hundred year old movement in the History of European Art, the young Brazilian photographer Lucia Adverse immediately shows the same desire to subvert prejudice, impose the expressive power of photography and its power to transform reality. Her vision of the city of Berlin, inspired by the periodical ‘Der Sturm’, offers us twenty-three genuine architectonic ‘photographic tableaux’, composed according to the criteria of the most authentic German Expressionism, which we rarely see.

The Trajectory of a Young Brazilian Photographer.

What was the path followed by this artist which led to this achievement? Her development is significant.

Lucia Adverse initially studied Interior Design, but to create within confined spaces wasn’t enough for her. She quickly tore down the walls to arrive at the other side of design, opting for outdoor work, for photography that bears witness to, interpellates and displays the singularity of cities. Cities… What a vast field to explore! Especially for a native of Belo Horizonte, the great capital of the state of Minas Gerais, with buildings as high those in as São Paulo or New York, but surrounded by mountains, embraced by hills that provide tremendous panoramic views.

Having roamed around Europe, the United States and the Middle East, the artist understands that to capture the spirit of a city, its style, its history and also its future potential evolution, we have to know how to look and, more importantly, camera in hand, we have to capture signs, atmospheres, lights, the impulse of an urban photographic examination, the indications of a culture and the lifestyle of the inhabitants.

Six years ago, Lucia Adverse shot her first images of a series of photographs of the architecture of New York. Black and white imposes itself as the only way to be able to play with the contrasts of light and to express oneself in dramatic form, with a view to recreate in this manner the climate of Cinema Noir which she relishes, and the atmosphere of German Expressionism, imbued with images of great films whose frame of reference is the 1920s, black and white silent films like ‘The Cabinet of Dr Caligari’ (1920), or Fritz Lang’s celebrated science fiction film ‘The Metropolis’ (1927), filmed in Berlin.

Lucia Adverse and the film ‘Metropolis’.

I watched this masterpiece again. To my surprise Lucia Adverse’s  ‘Der Sturm’ series seems to be the urban universe of ‘Metropolis’ incarnate, as if, in modern Berlin, she really had found the buildings of the city designed by Fritz Lang nearly a century ago, as in a future visitation of those chosen for 2026, constructed day and night by robotic and completely servile workers. In Lucia Adverse’s photographs there also arise these enormous buildings with rectangular cavities, side by side, totally dark, sometimes vertical, sometimes horizontal. It’s as if the science fiction city had taken modern concrete form in Berlin, exactly as Fritz Lang imagined it.

However,  on closer observation of the photography, ‘Metropolis’ appears more as a reference, a point of departure for her exploratory work, different from what Lucia Adverse presents to us, which is not really a vertical urban area where twin-engine planes fly around, but rather, isolated edifices or fragments of architecture, photographed one by one.

The twenty-three photographs of ‘Der Sturm’ really reveal a sampling of the urban history of Berlin in all its moments of local architecture, especially because the artist shows us not the prestigious architecture of the city’s most well-known buildings, but the everyday buildings, offices, ordinary houses or simple dwellings. A small ancient house with walls covered in ivy and a tree in the yard, a large façade with post baroque details, a popular construction in the modernist Bauhaus 1930’s style with its architectural entrance, an erstwhile town hall or Jewish commune featuring a gateway with four small lateral domes, a series of modern concrete facades, factories or office buildings typical of the last decades of the 20th century, and of course the above mentioned building of fifteen floors and its spectacular immensity.

Berlin, scene of the crime?

Furthermore, in the photos among the buildings of the German capital, we never see a single human being. Berlin, the capital of Germany is empty. In a famous analysis the philosopher Walter Benjamin commented on the apparent lack of humans in the photographic work of Eugène Atget in Paris around 1900 in districts threatened with extinction. We see the deserted streets of Paris and Benjamin describes them thus: “We rightly say that Eugène Atget photographed the streets in the way we photograph a crime scene, because the crime scene is also deserted. The objective of the photos is to offer up clues. In Atget’s work the photos start to become evidence for the judgement of history. This is the place where its political significance is found, its secrets…. And the photos leave the onlookers disturbed”. (1)

In Lucia Adverse’s work in the city of Berlin, which contains buildings, as in the film ‘Metropolis’, could this be a disturbing crime scene?  Could the photographer be taking us into a trial of contemporary history in which the conditions of the great cities we live in put the evolution of nature at risk? The overall atmosphere of these twenty three photographs could convince us of this.

Fritz Lang said that he designed the scenes of the future along the lines of the skyscrapers he saw in New York in 1924, which struck him as “vertical sailing boats of sumptuous decoration suspended in a dark sky to dazzle, entertain and fascinate” – this sombre sky that fascinates also appears in Lucia Adverse’s photos. In her turn she accentuates to the utmost these contrasts in her black and white, cutting in houses and buildings under the grades of black or grey sky, immersing us in an urban context in which even the photographing of daylight seems to have been done in the shadow of night. However, the photographer banishes the night, yet powerful lights illuminate the facades of buildings often scarred by the branches of naked trees displaying their winter skeletons, reproducing the American night effect (technically speaking) which extends along Berlin, as if the whole city was living under a permanent solar eclipse, as if the sun had lost its power of radiation and had become eternally black.

Lucia Adverse is certainly a fan of Film Noir. In her photographs, among the houses abandoned by their inhabitants, the bare trees and an almost extinct sun, the city of Berlin seems on the very edge of living through the darkest drama, perhaps even its own annihilation.

The Rediscovery of the Aura.

However, in the final analysis, it is not this that we will remember from the ‘Der Sturm’ series. Its luminous and disturbing weirdness emphasises the impression that we are in front of a slightly unreal décor, where we retain harmony, power and extreme artistic beauty. With her expressionist aspect Lucia Adverse made designs with the utmost rigour and originates facades and blocks whose retreating lines are oblique, truncated in close-ups on the floors of the buildings, or a pyramid of high, translucent metal tubes, or long vertical takes, or two long lines of old cobblestones implanted into the asphalt, covered obliquely with the more recent scarring of pedestrians’ footprints, where the road disappears from our sight.

Just as she did in a prior series of photos of inspired curves in the architecture of Oscar Niemeyer, the great architect so much in evidence in Belo Horizonte, Lucia Adverse has pictorial models directly inspired by the abstract. This new series in the form of expressionist photos of Berlin show her great mastery of the spatial composition of image and places her talent among already famous contemporary photographers like Thomas Struth, Andreas Gursky and Jean-Marc Bustamente , who have evolved  in their work an artistic concept in photography.

In the era of technical reproduction of photography, Walter Benjamin complained that the cost of an exhibition greatly exceeded its worth as far as erudition is concerned and led to the disappearance of the aura, which made each photo a unique object, especially when Man was absent. (1) Certainly Man is absent in the photographs of Lucia Adverse, but by capturing through architecture the spirit of the city of Berlin in the aesthetic aspect of the ‘Der Sturm’ series, she managed to deliver an intensely erudite worth.

In her expressionist, eclipsing black and white lights she fully restores, completely and in a vibrant manner, all her aura.

Pascale Lismonde
Jornalist, Art critic, Membro da Associação Internacional de Críticos de Arte A.I.C.A., França
(1) Walter Benjamin, A Obra de Arte na Era da sua Reprodutibilidade Técnica.